L’Éducation nationale inscrit dans ses objectifs fondamentaux de garantir l’égalité des chances entre les filles et les garçons et ce, dès la maternelle. Fidèle à sa démarche, ethnoArt propose de sensibiliser à l’égalité filles-garçons par une approche de la diversité des cultures : pour changer ses représentations, il faut d’abord en prendre conscience. Mais comment faire avec des enfants qui sont en plein développement, apprennent les normes de leur société et sont justement en train d’intégrer la différence entre les filles et les garçons ? Compte tenu du jeune âge des enfants (grande section de maternelle), il est évidemment impossible d’aborder frontalement et théoriquement la question, il faut susciter leur curiosité par le jeu et la création.

Depuis 2012, nous intervenons dans les écoles maternelles d’Aubervilliers pour sensibiliser à l’égalité des sexes et nous avons mis en place une série de 4 ateliers pour susciter de manière ludique la curiosité des petits à ce sujet.  Ils se présentent comme une exploration de la place des filles et des garçons dans diverses sociétés, notamment par le biais des objets.

4 ateliers pour sensibiliser à l’égalité fille-garçon en maternelle

Quelles différences entre les objets des filles et ceux des garçons ?

Nous commençons notre série de rencontres par une activité manuelle et ludique dont l’objectif est de faire apparaître la culture matérielle liée aux sexes. Nous proposons aux enfants d’imaginer qu’un petit frère ou une petite sœur va bientôt arriver et d’aménager sa chambre. L’intervenant met à disposition de chacun une feuille sur laquelle une chambre neutre est représentée. Des meubles sont présents mais sans couleurs. C’est aux enfants de la colorier la chambre et de l’aménager en puisant dans des catalogues de jouets pour accueillir le nouveau ou la nouvelle venue. Comme on peut s’y attendre, les résultats sont souvent très attendus et stéréotypés… Nous regardons alors collectivement les réalisation de chacun et les mettons en perspective : le choix des couleurs et des jouets, les dessins « non conventionnels » et les choix plus « stéréotypés »… Dans quelle mesure les objets participent-ils à la construction des identités sexuées ? Alors que lors de l’exercice, la part sociale des petits prend le dessus, lors de l’échange de fin d’atelier, ce sont des réponses plus individuelles qui apparaissent : on découvre que des filles aiment le bleu ou que des garçons aiment empiler les doudous dans leur chambre… 

  • Fille ou garçon ?

    Fille ou garçon ?

  • Fille ou garçon ?

    Fille ou garçon ?

  • Fille ou garçon ?

    Fille ou garçon ?

  • Fille ou garçon ?

    Fille ou garçon ?

  • Fille ou garçon ?

    Fille ou garçon ?

  • Fille ou garçon ?

    Fille ou garçon ?

  • Fille ou garçon ?

    Fille ou garçon ?

  • Fille ou garçon ?

    Fille ou garçon ?

  • Fille ou garçon ?

    Fille ou garçon ?

  • Fille ou garçon ?

    Fille ou garçon ?

  • Fille ou garçon ?

    Fille ou garçon ?

 

Les filles et les garçons peuvent-ils faire la même chose ?

Les histoires que nous nous racontons et que nous racontons aux petits transmettent fortement notre vision de le place de chaque sexe. Pour opérer le décentrement lors de ce deuxième atelier, nous puisons dans les livres pour la jeunesse les histoires qui mettent en scène des personnages qui questionnent les places et représentations que l’on attribue aux filles et aux garçons : Une princesse qui rêve de devenir « cow-boy », un prince gringalet amoureux mais trop timide pour déclarer sa flamme, une petite fille qui désobéit à ses parents pour pouvoir aller à l’école… Autant de récits qui permettent d’alimenter la discussion et de susciter des questionnements. Certaines activités seraient-elles plus pour les filles et d’autres plus pour les garçons ? Ou bien chacun pourrait-il choisir de faire ce qui l’intéresse ?

Deux ouvrages d'Ilya Green publiés chez Didier Jeunesse où l'auteur se plait à remettre en question les stéréotypes filles-garçons. La dictature des petites couettes est particulièrement drôle et interroge avec beaucoup de légèreté la notion de beauté.

Deux ouvrages d’Ilya Green publiés chez Didier Jeunesse où l’auteur se plait à remettre en question les stéréotypes filles-garçons. La dictature des petites couettes est particulièrement drôle et interroge avec beaucoup de légèreté la notion de beauté.

Est-on partout petite fille et petit garçon de la même manière ?

Dans cet atelier, nous proposons aux enfants de s’emparer d’objets venant du Grand Nord, d’Amazonie, d’Afrique de l’Ouest… Toucher, palper, essayer… des jouets, des vêtements, des parures et des bijoux. Qu’ils soient inuit ou krahô, ces objets exotiques transportent les enfants dans des univers souvent inconnus. Nous racontons leur histoire, leur fabrication, qui les porte, quand les met-on et expliquer ce à quoi ils servent est un moyen de se représenter le quotidien d’autres enfants. Est-on partout petite fille et petit garçon de la même manière ?

Une approche tactile des diversités : les filles et les garçons s’habillent-ils pareil ?

Cette séance a pour objectif de faire prendre conscience aux enfants de la diversité des représentations du masculin et du féminin par le toucher. Comment ?

  • Nous apportons des bouts de tissus variés (velours, dentelles, cotons…) à manipuler et à classer selon les matières, les couleurs, les motifs. Certains semblent-ils être plus pour les filles ? D’autres plus pour les garçons ?
  • Nous observons et commentons des photos de tableaux retraçant l’histoire des vêtements à travers les siècles en France et des photos de vêtements issus d’autres cultures. Quelles sont les différences, les points communs ?
  • Nous regardons également des photos d’hommes et de femmes à travers le monde : les différentes façons de se coiffer, de se maquiller, la diversité des bijoux et des parures…