Mercredi 7 novembre, dans le cadre du festival Jean Rouch, le jury Fleury DOC a remis son prix à la réalisatrice Floriane Devigne pour son documentaire Ni d’Eve, ni d’Adam, une histoire intersexe. Les jurés, onze hommes détenus de la maison d’arrêt de Fleury Mérogis, ont visionné durant deux semaines neuf des documentaires en compétition du Festival. Les séances étaient co animées par Chloé Inguenaud, cinéaste, Laurent Pellé, délégué général du Festival et Chloé Godet médiatrice de l’association ethnoArt.

Cela fait trois ans que ce projet existe et nous sommes à chaque fois ravis et
agréablement surpris par l’investissement de l’ensemble des hommes jurés. Les discussions suscitées par les films furent riches, la curiosité, le degré d’attention des participants et les connaissances de chacun d’entre eux ont permis d’approfondir chacune des œuvres présentées à la fois autour des sujets traités mais également sur l’écriture cinématographique proposée. Le film qu’ils ont choisi de récompenser cette année est le film de Floriane Devigne, Ni d’Eve ni d’Adam : une histoire interesexe, un film qui donne la parole aux personnes intersexes et met en lumière leur combat au quotidien pour exister
dans une société qui peine à entendre leur discours.

          
     

Le projet s’est clôturé quelques jours après la délibération, au Musée de l’Homme et en présence de quatre des hommes jurés investis. Nous avons en effet eu l’immense plaisir de pouvoir les accueillir au sein de ce lieu culturel majeur afin qu’ils puissent remettre leur prix en mains propres. Les participants étaient accompagnés par des conseillers pénitentiaires de de probation et d’insertion (CPIP) et les coordinatrices culturelles de Fleury
Mérogis à qui nous devons beaucoup pour la bonne mise en place du projet. A leur arrivée, les hommes ont été accueillis par l’équipe du festival et d’ethnoArt autour d’un café avant d’aller visiter le musée avec une conférencière. L’après-midi, ils ont assisté à la projection du film The Remnants du festival Jean Rouch puis ont été invité à monter sur scène pour remettre leur prix à la réalisatrice présente.

L’un des jurés a lu devant l’ensemble des spectateurs présents un texte préparé collectivement pour l’occasion. Nous sommes vraiment ravis encore une fois du déroulement de ce projet, un projet auquel nous tenons beaucoup et sommes extrêmement reconnaissant envers toutes les personnes qui s’y sont investi.

Aussi nous remercions chaleureusement Marion Michiardi, Nelly Kiener
et Isabelle Calonge du Pole Culture de Fleury Mérogis, Laurent Pellé, Barberine Feinberg, Françoise Foucault du Festival Jean Rouch, et Chloé Inguenaud.

Les activités culturelles en établissement pénitentiaire
Les personnes détenues sont citoyennes et conservent des droits, parmi lesquels l’accès à la culture. La programmation d’actions culturelles en milieu carcéral revêt, de ce point de vue, une importance particulière en matière de réinsertion, au sens où l’art et la culture incitent à l’ouverture à soi-même et aux autres, créent des espaces de dialogue et enseignent à douter tout en donnant des clefs de compréhension du monde. Chaque année, partout en France, les services pénitentiaires d’insertion et de probation organisent de nombreux projets investissant une grande diversité de champs artistiques dans
l’ensemble des établissements pénitentiaires, avec le concours de partenaires, qu’il s’agisse d’institutions culturelles, d’artistes ou d’associations. Tous contribuent à signifier aux personnes détenues que l’art les concerne, que les lieux de culture leur sont ouverts.

Ce projet a été financé par la Préfecture de police de la région Ile de France, le SPIP 91/Ministere de la justice et la DRAC Ile de France.